Le gouvernement du Canada débourse 106 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir 52 projets de recherche scientifique qui se déroulent au Canada dans le cadre de l’Année polaire internationale (API). Le Programme du gouvernement du Canada pour l’API a financé 45 projets, et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie en a financé 11. Quatre projets sont financés conjointement. Les activités de recherche scientifique de l’API se poursuivront jusqu’en 2012.
Plus de 1 750 chercheurs participent à ces projets de recherche canadiens, dont au moins 240 sont des collaborateurs internationaux venus de 23 pays. Au total, on a réalisé des études sur plus de cent sites dispersés dans le Nord canadien et à bord de cinq brise-glaces de la Garde côtière canadienne. Ces projets permettent à près de mille étudiants et scientifiques en début de carrière d’obtenir une formation précieuse et une expérience sur le tas – et 130 des étudiants qui participent sont des résidants du Nord canadien.
Les 52 projets suivants sont appuyés par les fonds du gouvernement fédéral consacrés à la recherche scientifique dans le cadre de l’API. Les projets marqués d’un astérisque (*) sont financés uniquement par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie; ceux marqués d’un triangle (∆) sont financés uniquement par le Programme de l’Année polaire internationale et ceux marqués d’un losange (◊) ont été financés conjointement.
Atmosphère et météorologie
Titre du projet : Comprendre le processus de rétroaction déshydratation-effet de serre dans l’Arctique *
Chef de projet : Jean-Pierre Blanchet, Université du Québec à Montréal
Description : L’activité industrielle engendre des polluants que la circulation atmosphérique entraîne jusque dans l’Arctique, produisant ce qu’on appelle la brume arctique. Les effets de cette brume sont peu connus. Ce projet tire parti d’un nouveau groupe de satellites qui offrent une capacité inédite d’observer l’effet des nuages et des aérosols, y compris la brume arctique, sur le système climatique de l’Arctique. On entend étudier les liens qui existent entre les produits chimiques synthétiques et les changements climatiques, spécialement pendant la saison froide, durant laquelle ces produits chimiques exercent un effet jusqu’à maintenant inconnu sur les conditions météorologiques du Nord.
Lieu(x) : Mer de Beaufort; Nunavut
Titre du projet : Comprendre la présence d’ozone et de mercure dans l’air au-dessus de l’océan Arctique (OASIS)
∆
Chef de projet : Jan Bottenheim, Environnement Canada
Description : Chaque printemps dans l’Arctique, quand le soleil se lève, les concentrations atmosphériques d’ozone et de mercure chutent abruptement. Dans le cadre de ce projet, on cherche à comprendre les raisons de ce phénomène et à cerner le rôle éventuel de divers facteurs (ensoleillement, neige, glace. température de l’air, etc.). En outre, on souhaite se pencher sur le sort de ces substances chimiques qui « disparaissent ». Est-ce que le mercure aboutit dans la chaîne alimentaire? Quel est l’impact de la baisse des taux d’ozone sur l’environnement arctique? Est-ce que les changements climatiques influenceront ce processus et ses mécanismes sous-jacents? Pour répondre à ces questions, on a élaboré de nouvelles technologies et des stratégies avant-gardistes de collecte des données.
Lieu(x) : Océan Arctique
Titre du projet : Recherche atmosphérique dans l’Extrême-Arctique
(site web non disponible en français) ∆
Chef de projet : James Drummond, Université de Toronto
Description : On prévoit que l’atmosphère, dans les prochaines années, subira des modifications plus prononcées dans l’Arctique que dans les latitudes inférieures. Au Polar Environment Atmospheric Research Laboratory (PEARL), dans l’île Ellesmere, plus d’une douzaine d’instruments analysent à l’année longue un large éventail de facteurs et de processus climatiques (nuages, pluie, neige, soleil, vent, etc.), du niveau du sol jusqu’à une altitude de 100 km. Le laboratoire PEARL produit d’abondantes données sur l’évolution de la composition de l’atmosphère et des conditions météorologiques dans l’Extrême-Arctique canadien. Conjugué aux travaux de surveillance à long terme menés ailleurs dans l’Arctique et dans d’autres stations de recherche dans le monde, ce projet permet de mieux comprendre les changements atmosphériques planétaires.
Lieu(x) : Île Ellesmere, Nunavut
Titre du projet : Transport atmosphérique intercontinental de polluants vers l’Arctique (INCATPA)
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Chef de projet : Hayley Hung, Environnement Canada
Description : Depuis leur source d’émission, les polluants peuvent parcourir de longues distances dans l’air ou dans l’eau et aboutir dans l’Arctique, où ils pénétreront la chaîne alimentaire. Dans le cadre de ce projet, on a établi des stations de surveillance de part et d’autre du Pacifique, pour mesurer ces polluants. Les premiers résultats révèlent que le dépôt de ces polluants dépend de variables telles que la température locale et la direction des vents. On cherche à déterminer la source de ces produits chimiques, et l’influence que les changements climatiques exerceront sur le mouvement et le trajet des polluants vers l’Arctique.
Lieu(x) : Alert (Nunavut); Little Fox Lake (Yukon); Alaska; Chine; Russie; Vietnam
Titre du projet : Structure et évolution de l’atmosphère polaire
(site web non disponible en français) *
Chef de projet : Theodore Shepherd, Université de Toronto
Description : L’assimilation des données atmosphériques consiste à combiner des observations atmosphériques et des prévisions modélisées pour obtenir un portrait de l’état de l’atmosphère. Dans le cadre de l’Année polaire internationale, des équipes de recherche réparties autour du globe ont mis au point des produits dérivés de l’assimilation des données atmosphériques. Ce projet vise à recueillir, à comparer et à archiver cette information pour avoir une idée des changements actuels et à long terme subis par l’atmosphère de la planète. On entend évaluer la qualité de ces produits et envisager des méthodes novatrices d’appliquer ou d’interpréter cette pléthore d’informations.
Titre du projet : Projections météorologiques et environnementales dans l’Arctique (TAWEPI)
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Chef de projet : Ayrton Zadra, Environnement Canada
Description : La prévision du temps est importante pour la santé, la sécurité et l’économie des collectivités partout dans le monde. Cependant, les techniques de prévision pour l’Arctique sont relativement peu développées. Dans ce projet, on veut dresser des cartes météorologiques exhaustives de la stratosphère arctique, comprenant des éléments comme la température, le vent et diverses substances chimiques. On travaille également à l’établissement et à la validation de modèles numériques de prédiction régionale de un à deux jours pour l’Arctique canadien. Tous les modèles sont évalués en regard des conditions météorologiques réelles, avec des propriétés supplémentaires : influence des perturbations (comme les orages extrêmes) provenant d’autres régions sur les conditions météorologiques du Nord; mode de déplacement de la neige sur différentes surfaces; comment mieux représenter les nuages et les processus solaires dans les modèles prédictifs.
Écosystèmes terrestres et d’eau douce
Titre du projet : Évolution des forêts et des tourbières le long de la vallée du Mackenzie, Territoires du Nord-Ouest ∆
Chef de projet : Jagtar Bhatti, Ressources naturelles Canada
Description : On a mis sur pied un réseau de 26 sites pour surveiller le cycle du carbone et les émissions de gaz à effet de serre dans la vallée du Mackenzie, dans le nord-ouest du Canada. On s’attend à ce que cette région subisse un réchauffement important, qui entraînera des changements tout aussi importants dans les forêts et les tourbières. Les tourbières du Nord contiennent une grande quantité de carbone qui risquerait d’être libérée par le dégel du pergélisol, en compagnie d’autres gaz à effet de serre. Ce projet vise à mieux comprendre l’effet des changements climatiques sur ces processus. Les résultats seront incorporés aux modèles élaborés pour prédire les changements dans les communautés végétales et les zones de pergélisol de l’Arctique.
Lieu(x) : La vallée du Mackenzie, du nord de l’Alberta jusqu’à Inuvik (Territoires du Nord-Ouest)
Titre du projet : Changement environnemental dans l’Extrême-Arctique, selon les carottes de neige et de glace ∆
Chef de projet : Jocelyne Bourgeois, Ressources naturelles Canada
Description : En analysant des carottes de glace et des échantillons de neige puis en comparant les résultats obtenus avec ceux de relevés similaires menés durant les années 1990, on souhaite examiner les changements d’ordre climatique ainsi que les tendances et les concentrations caractérisant le dépôt de contaminants atmosphériques dans l’Arctique canadien et les régions adjacentes. Après avoir mesuré divers contaminants atmosphériques (sulfates, nitrates, mercure et autres métaux-traces) s’étant déposés dans la neige, les chercheurs ont observé une chute marquée des concentrations depuis les années 1990. En même temps, on a remarqué une hausse des concentrations de pollen, et des études apparentées de surveillance des glaciers ont révélé une accentuation de la fonte de glace estivale. En collaboration avec des chercheurs du Groenland, on recueille des carottes de glace pour obtenir le premier relevé historique non perturbé de carottes de glace de la dernière période interglaciaire, qui s’est terminée il y a quelque 115 000 années, ce qui permettra d’enrichir les données relatives à l’évolution des conditions climatiques et des taux de contaminants au fil du temps.
Lieu(x) : Île Ellesmere (Nunavut); Churchill (Manitoba); nord du Groenland
Titre du projet : Yeendoo Nanh Nakhweenjit K’atr’ahanahtyaa : Changement environnemental et utilisation traditionnelle dans la plaine Old Crow (Yukon) ∆
Chef de projet : Shel Graupe, Première nation des Gwitch’in Vuntut
Description : La plaine Old Crow, dans le nord du Yukon, constitue non seulement le territoire de la Première nation des Gwitch’in Vuntut mais aussi un écosystème humide d’importance internationale. Des observations locales indiquent que cette région subit des changements marqués et sans précédent. Afin de comprendre ces changements, les chercheurs recourent au savoir traditionnel et à la science pour étudier l’hydrologie, le pergélisol et les populations végétales et animales de la plaine Old Crow, et pour examiner la sécurité alimentaire des collectivités environnantes. Des techniques de recherche paléo-environnementales permettent également aux chercheurs d’évaluer les conditions qui régnaient dans la région lors des périodes interglaciaires précédentes. Une fois regroupées, ces informations serviront à mettre en place un cadre de surveillance communautaire, à forger un plan d’action stratégique pour la gestion de cette importante région, et à offrir un modèle aux autres collectivités nordiques qui subissent les effets des changements climatiques et tentent de s’y adapter.
Lieu(x) : Nord du Yukon
Titre du projet : Répercussions du recul de la limite des zones arborées dans l’Arctique
(site web non disponible en français) ∆
Chef de projet : Karen Harper, Université Dalhousie
Description : Un des éléments les plus visibles de l’Arctique canadien est la zone de délimitation des zones arborées, ou limite des arbres. Sa position est principalement déterminée par la latitude et l’altitude, mais d’autres facteurs comme le climat peuvent entrer en jeu. En cartographiant la répartition des espèces arborées et non arborées à la limite des arbres, en recueillant des données climatiques et d’autres données environnementales connexes, en évaluant le rôle de la perturbation des paysages et en élaborant des modèles de prédiction, on souhaite mieux cerner les changements subis par la limite des arbres au Canada, et quels sont les mécanismes en cause. On s’intéresse également à la relation entre la limite des arbres et les collectivités nordiques, puisque les habitants du Nord ne font pas que remarquer le changement de la limite des arbres au fil du temps; ils sont également directement touchés par ce changement, dont les effets se font sentir sur la récolte des ressources, sur les activités traditionnelles et sur l’éco tourisme.
Lieu(x) : Manitoba; Territoires du Nord-Ouest; Nunatsiavut; Nunavut; Ontario; Québec; Yukon
Titre du projet : Polar Research Observatories for Biodiversity and the Environment (PROBE) *
Chef de projet : Paul Hebert, Université de Guelph
Description : En milieu polaire, la vie est diversifiée et complexe. La surveillance d’organismes biologiques aidera à mieux comprendre comment la biodiversité réagira aux changements climatiques. Ce projet, qui s’étend du Bas-Arctique jusqu’à l’Extrême-Arctique, fait appel à la génomique pour mieux comprendre la biodiversité de l’Arctique canadien. La technique de codage à barres de l’ADN permettra d’identifier plus rapidement les espèces et de surveiller mieux et plus efficacement les changements dans la biodiversité. On emploie également de nouvelles techniques d’analyse des images pour mesurer la taille des génomes et les séries de chromosomes des spécimens prélevés. Un dynamique programme d’échantillonnage de la diversité animale et algale permettra d’étudier un nombre sans précédent d’espèces.
Lieu(x) : Manitoba; Nunavut
Titre du projet : Impacts des changements climatiques sur la toundra arctique canadienne
(site web non disponible en français) ◊
Chef de projet : Greg Henry, Université de la Colombie-Britannique
Description : Le Canada est la nation polaire qui possède la plus grande variété d’écosystèmes de toundra, mais on connaît très peu ces écosystèmes. De la limite des arbres jusqu’à l’Extrême-Arctique, ce projet donnera lieu à la première évaluation complète de la toundra canadienne. Les résultats viendront alimenter des modèles visant à prédire les changements futurs dans la toundra. Pour optimaliser l’efficacité de ces modèles, on recueille des données à diverses échelles (de la parcelle d’étude jusqu’à la télédétection) et sur divers éléments de la toundra (végétation, sols, microorganismes, échange de dioxyde de carbone, espèces sauvages, collectivités nordiques). On a entrepris des expériences de simulation du réchauffement pour déterminer la réaction des écosystèmes de toundra aux changements climatiques.
Lieu(x) : Arctique canadien.
Titre du projet : Climat et écosystèmes de toundra alpine dans le sud-ouest du Yukon *
Chef de projet : David Hik, University of Alberta
Description : Le rapide réchauffement qu’a connu le sud ouest du Yukon au cours des quatre dernières décennies fait de cette région un bon exemple de la façon dont les écosystèmes s’adaptent aux changements climatiques rapides. Dans l’environnement alpin des montagnes subarctiques, ce projet vise à déterminer comment le climat a changé à l’échelle régionale au fil du temps et quels en ont été les effets sur les écosystèmes alpins. En combinant des méthodes d’observation à des techniques expérimentales et à des techniques de modélisation, on souhaite obtenir un aperçu de la situation actuelle des environnements alpins du sud-ouest du Yukon, et comprendre les changements environnementaux passés et présents pour mieux prédire les changements futurs.
Lieu(x) : Yukon
Titre du projet : Mesure de l’impact des changements climatiques sur les paysages et les réseaux hydriques de l’Extrême-Arctique
∆
Chef de projet : Scott Lamoureux, Queen’s University
Description : Les chutes de neige représentent la principale source d’eau dans l’Extrême-Arctique. Selon les modèles climatiques, elles pourraient substantiellement s’y intensifier dans les prochaines années. À l’aide de recherches sur les cours d’eau, les sols, la végétation, la neige, la glace et le pergélisol, ce projet vise à étudier l’état actuel des systèmes hydrologiques et écologiques de l’Extrême-Arctique. Plus particulièrement, on se penche sur les différences dans l’enneigement, les températures du sol et la fonte de neige, et sur leurs liens avec les sédiments, l’érosion des sols, la croissance des végétaux, la concentration de nutriments dissous et les rejets de gaz à effet de serre. En manipulant les données sur l’accumulation de neige, en étudiant les zones de pergélisol et de perturbation du sol, en recourant à la télédétection et en prélevant des sédiments lacustres, on brosse un tableau global de l’état passé et présent des systèmes terrestres et aquatiques de l’Extrême-Arctique, qui viendra alimenter des modèles de prévision des changements futurs de ce paysage.
Lieu(x) : Nunavut
Titre du projet : Conditions du pergélisol et changements climatiques ∆
Chef de projet : Antoni Lewkowicz, Université d’Ottawa
Description : On trouve du pergélisol (sol gelé en permanence) dans diverses conditions un peu partout dans l’Arctique canadien. On s’attend à ce que les changements climatiques sur le pergélisol aient des effets importants qui poseront des problèmes de construction, d’infrastructure et de mise en valeur des ressources dans les collectivités nordiques. Par l’utilisation des stations de recherche existantes et l’établissement de nouvelles stations, ce projet a pour but de capter un « instantané » des conditions thermiques actuelles du sol dans l’ensemble du Nord canadien. On pourra ainsi dresser une nouvelle carte de la température des pergélisols au Canada, et constituer un cadre de référence à l’aune duquel les changements futurs pourront être mesurés. En même temps, les données recueillies dans les stations existantes permettent aux chercheurs d’étudier l’évolution du pergélisol au fil du temps.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunavut; Yukon
Titre du projet : Réponse dynamique des glaciers arctiques au réchauffement planétaire
(site web non disponible en français) *
Chef de projet : Martin Sharp, University of Alberta
Description : La fonte des glaciers affecte les niveaux de la mer dans le monde et accroît l’apport d’eau douce dans les océans. Pour améliorer notre capacité de prédire les changements futurs touchant les nappes de glace et les glaciers de marée, les chercheurs étudient la dynamique glaciaire du glacier Belcher, qui fait partie de la calotte glaciaire de l’île Devon. Ils procèdent à des mesures sur le terrain et recourent à la télédétection pour cartographier le fond de la mer et chronophotographier les phénomènes de drainage de surface et de vêlage des glaciers. On recueille également des données sur l’épaisseur et la vélocité des glaces, l’accumulation de neige et les conditions météorologiques. Les données ainsi obtenues sont incorporées à un modèle sophistiqué décrivant l’hydrologie des glaciers et la dynamique de l’écoulement glaciaire, lequel peut ensuite servir à prédire l’effet des changements climatiques sur les glaciers arctiques.
Lieu(x) : Nunavut
Titre du projet : Dynamique du carbone et des communautés microbiennes et végétales dans la toundra du Bas-Arctique ∆
Chef de projet : Suzanne Simard, University of British Columbia
Description : Dans les écosystèmes arctiques, les plantes et le sol emmagasinent de grandes quantités de carbone qui, une fois libéré sous l’action du réchauffement climatique, pourrait contribuer à la production de dioxyde de carbone. Dans la toundra arctique, on connaît mal les interactions des végétaux avec les champignons mycorhiziens et les autres microbes du sol qui régulent le carbone. Ce projet consiste à étudier sur plusieurs saisons de croissance les liens qui existent entre les processus des communautés souterraines et des communautés hors-sol en ce qui a trait au bilan et au transfert du carbone. À l’aide de nouveaux outils technologiques, on cherche à identifier les principaux groupes microbiens présents dans le sol qui participent au cycle du carbone dans la toundra arctique, et à déterminer comment le cycle du carbone réagira aux changements climatiques.
Lieu(x) : Alaska
Titre du projet : Biodiversité microbienne des écosystèmes de l’Extrême-Arctique (MERGE)
(site web non disponible en français) *
Chef de projet : Warwick Vincent, Université Laval
Description : Les régions polaires sont riches en organismes microbiens, mais on connaît peu de choses sur la dispersion, la répartition et la biogéographie de ces organismes. Ce projet vise à étudier la vie microbienne dans les lacs, les fjords, les plates-formes de glace, les sources et les pergélisols de l’Arctique canadien. Pour déterminer la diversité et la répartition des espèces, les chercheurs allient les méthodes classiques d’analyse aux plus récents outils de la biologie moléculaire et se penchent sur les virus, les bactéries, les organismes unicellulaires et la végétation qui forment une bonne partie de la biomasse du désert arctique. On procède à des comparaisons avec des éléments similaires présents dans l’Antarctique, pour appréhender les collectivités microbiennes selon une perspective polaire.
Lieu(x) : Nunavut
Titre du projet : Variabilité et changement dans la cryosphère canadienne (neige et glace)
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Chef de projet : Anne Walker, Environnement Canada
Description : On entend par « cryosphère » toutes les surfaces formées par l’eau gelée, y compris la glace lacustre, fluviale et marine, les couches neigeuses, le gélisol, les glaciers et les calottes glaciaires. En analysant et en corrélant plusieurs sources d’information (données/images satellitaires, mesures sur place, archives historiques, savoir traditionnel), les chercheurs souhaitent évaluer la cryosphère canadienne pour en éclaircir l’évolution historique et son aspect actuel. Plusieurs éléments ont été l’objet d’une surveillance, dont la couverture neigeuse de la toundra et des régions alpines, le gélisol saisonnier, la glace lacustre et l’albédo (réflexion en surface des rayons de soleil), la végétation, les espèces sauvages, la fonte de neige et la dynamique de la glace marine/fluviale. Cette information servira à concevoir des modèles permettant de prédire les changements futurs et à aider les collectivités nordiques à s’adapter à l’évolution des paysages.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunavik; Nunavut; Yukon
Titre du projet : Écosystèmes d’eau douce dans l’Arctique
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Chef de projet : Fred Wrona, Environnement Canada
Description : Les changements climatiques auront vraisemblablement des effets très diversifiés sur divers écosystèmes de l’Arctique, y compris les écosystèmes d’eau douce. Pour mieux cerner ces effets, il faut toutefois en comprendre les mécanismes et processus de base. Ce projet vise à enrichir nos connaissances et à concevoir des modèles prédictifs sur l’hydrologie des eaux douces et l’écoulement des nutriments, à étudier les processus chimiques et physiques des écosystèmes d’eau douce, à constituer une base de données sur la biodiversité en eau douce et à aider les collectivités nordiques à instaurer une surveillance communautaire des écosystèmes d’eau douce de l’Arctique. L’application de ces travaux à l’ensemble du Nord canadien permettra à la fois de tracer un tableau global et de cerner les caractéristiques régionales.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunavik; Nunatsiavut; Nunavut; Yukon
Océans et glace de mer
Titre du projet : Étude du chenal de séparation circumpolaire (CFL)
(site web non disponible en français) ∆
Chef de projet : David Barber, Université du Manitoba
Description : Un chenal de séparation est une ouverture naturelle qui se forme dans la glace de mer et qui perdure tout au long de l’hiver, offrant ainsi une occasion exceptionnelle d’étudier l’océan Arctique. Ce projet s’intéresse à la dynamique de l’océan, au climat, aux écosystèmes marins, aux contaminants, aux gaz à effet de serre ainsi qu’aux cycles du carbone et aux nutriments. Les chercheurs ont recueilli leurs données durant le tout premier hivernage jamais effectué par un brise-glace, le NGCC Amundsen, dans un chenal de séparation dans l’Arctique canadien. Les résultats contribuent à expliquer et à prédire l’impact des changements climatiques sur un chenal de séparation. En outre, le savoir traditionnel vient jeter un éclairage supplémentaire sur l’évolution historique de l’océan Arctique.
Lieu(x) : Mer de Beaufort
Titre du projet : Les trois océans du Canada (C3O) ∆
Chef de projet : Eddy Carmack, Pêches et Océans Canada
Description : Les trois océans du Canada sont dynamiquement interreliés par diverses masses d’eau. Pour comprendre un océan, il faut donc comprendre les trois. Ce projet visait à capter un instantané physique, chimique et biologique des trois océans pour évaluer les liens, les caractéristiques et les processus de l’environnement océanique canadien. En mesurant un large éventail de propriétés (depuis le nombre et les types d’oiseaux marins jusqu’aux concentrations de plancton et de nutriments dans l’eau, en passant par les processus chimiques et physiques des océans), ces missions d’étude permettent d’établir un cadre historique de référence à partir duquel on pourra entreprendre une surveillance à long terme des océans du Canada.
Lieu(x) : Archipel arctique; océans Arctique, Pacifique et Atlantique
Titre du projet : Effets des changements climatiques sur les cycles des nutriments et du carbone dans l’océan Arctique (GEOTRACES) ∆
Chef de projet : Roger François, University of British Columbia
Description : Les éléments-traces sont des substances chimiques présentes en très faibles concentrations mais qui jouent un rôle dans le cycle du carbone, les écosystèmes marins et dans les processus des contaminants et du climat en milieu océanique. Dans ce projet, on étudie la répartition des éléments-traces dans l’océan Arctique et les processus en jeu. Plus particulièrement, on se penche sur l’interaction des éléments-traces avec les changements survenant dans la température, la couverture de glace marine, les débits d’eau douce, la structure de l’écosystème marin et le pouvoir de séquestration du carbone de l’océan Arctique. Les éléments-traces d’intérêt comprennent notamment les métaux comme le fer et le cuivre; les chercheurs étudient également les substances chimiques reliées aux cycles du carbone et des nutriments, les gaz à effet de serre et les interactions atmosphère-océan.
Lieu(x) : Mers de Beaufort et de Tchoukotka
Titre du projet : Le cycle du carbone dans la marge continentale arctique et subarctique du Canada ∆
Chef de projet : Charles Gobeil, Université du Québec
Description : Le carbone est essentiel à la chimie de la vie, et les plateaux continentaux des océans sont des lieux vitaux pour le cycle du carbone. Considérant l’étendue du plateau continental associé à l’océan Arctique, il est capital de comprendre le rôle du carbone dans l’océan Arctique pour comprendre les processus physiques et biochimiques qui sont en jeu. Pour étudier l’effet de caractéristiques particulières de l’Arctique (comme la glace de mer et le climat) sur le cycle du carbone, on a prélevé des carottes de sédiments dans les marges de l’océan Arctique pour les comparer avec des carottes recueillies sur les côtes des océans Atlantique et Pacifique au Canada. Le carottage sédimentaire permet d’obtenir 40 000 ans d’historique du carbone dans les trois océans du Canada.
Lieu(x) : Archipel canadien; océan Pacifique subarctique; mers de Béring, de Tchoukotka et de Beaufort; baie de Baffin; détroit de Davis.
Titre du projet : Production océanique de gaz à l’état de traces dans l’Arctique et répercussions sur le climat (C-SOLAS) ∆
Chef de projet : Maurice Levasseur, Université Laval
Description : L’atmosphère et l’océan entretiennent une vive relation dynamique, très sensible aux changements climatiques, qui met en présence de complexes processus chimiques et physiques. Ce projet s’intéresse à l’influence que les changements qui se produisent dans les processus de la glace de mer et de l’océan exercent sur la chimie des océans, et plus particulièrement sur le cycle des gaz atmosphériques et les organismes microbiologiques. Après deux missions de recherche sur le brise-glace de recherche canadien NGCC Amundsen, les premiers résultats commencent à déchiffrer la relation atmosphère-océan, une relation complexifiée par les changements inattendus qui se produisent dans des éléments tels que la production biologique et les gaz à effet de serre.
Lieu(x) : Océan Arctique et Atlantique nord; Archipel canadien
Titre du projet : Courants océaniques du Canada arctique (CAT) ∆
Chef de projet : Humfrey Melling, Pêches et Océans Canada
Description : Les courants océaniques qui traversent l’océan Arctique en direction sud empruntent notamment l’archipel canadien. Ce projet vise à déterminer la nature et le rôle des facteurs qui contribuent à cet apport d’eau dans l’archipel canadien. Plus particulièrement, l’apport d’eau douce est très important à la régulation de la température, des écosystèmes et du cycle du carbone; on s’intéresse également aux mécanismes de ce phénomène et à ses variations face aux changements climatiques. À cette fin, les chercheurs mesurent les conditions météorologiques et plusieurs facteurs océaniques (p. ex. salinité, température, courant, épaisseur des glaces, dérive des glace, niveau de la mer) dans l’ensemble de l’archipel canadien.
Lieu(x) : Nunavut
Titre du projet : Répercussions des orages violents de l’Arctique et des changements climatiques sur les zones côtières ∆
Chef de projet : William Perrie, Pêches et Océans Canada
Description : L’océan Arctique joue un rôle important pour les populations humaines et animales des littoraux du Nord canadien. Les régions côtières subissent actuellement des changements, souvent imputables à l’effet des conditions météorologiques sur les environnements côtiers. Ce projet examine l’interaction entre les processus météorologiques et océaniques. Plus précisément, on étudie l’influence des orages, du mauvais temps et de l’action des vagues sur l’érosion et les sédiments côtiers. En raison des changements climatiques, on met au point des modèles pour prédire comment la modification des processus côtiers affectera les littoraux. Ces travaux produiront d’importantes informations pour les collectivités côtières de l’Arctique.
Lieu(x) : Mer de Beaufort; Yukon et Territoires du Nord-Ouest
Titre du projet : Variabilité naturelle du climat et forçages climatiques dans l’Arctique canadien et dans l’océan Arctique *
Chef de projet : André Rochon, Université du Québec à Rimouski
Description : Historiquement, la Terre a subi de grandes fluctuations climatiques, qu’il est important de comprendre pour mieux cerner l’état actuel et futur de l’environnement. Ce projet aborde l’évolution du climat arctique depuis un million d’années, selon une perspective continentale et marine et à la lumière des changements subis par plusieurs indicateurs climatiques : glace de mer, organismes microbiologiques, dynamique des champs géomagnétiques, carottes sédimentaires et échantillons historiques de pollen et de spores. On souhaite non seulement corréler les changements subis par les systèmes climatiques, marins et continentaux, mais également établir les contributions anthropiques aux changements climatiques.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunavut; baie et détroit d’Hudson
Individus et collectivités
Titre du projet : Étude sur les bancs de glace des Territoires du Nord Ouest
Chef de projet : Thomas Andrews, Centre du patrimoine septentrional du Prince de Galles ∆
Description : Les bancs de glace des régions nordiques peuvent receler une riche information sur les changements historiques d’ordre environnemental et sociétal. Cette étude combine archéologie, biologie et géologie pour étudier des artefacts de chasse anciens et des restes d’animaux préservés dans des bancs de glace alpine, spécialement dans les monts Mackenzie. L’analyse du régime alimentaire et de la génétique du caribou permettra de mieux comprendre la dynamique des populations de caribou au fil du temps, tandis que l’étude des artefacts de chasse jettera un éclairage sur les anciennes pratiques de chasse et l’utilisation humaine des bancs de glace. Cette information aidera quant à elle à formuler des stratégies de gestion pour les populations de caribous des Territoires du Nord-Ouest et contribuera à préserver la santé et le bien-être culturel des collectivités autochtones qui dépendent du caribou pour leurs activités traditionnelles de subsistance.
Lieu(x) : Territoires du Nord-ouest
Titre du projet : Projet d’utilisation et d’occupation des glaces marines par les Inuits (ISIUOP)
(site web non disponible en français) ∆
Chef de projet : Claudio Aporta, Université Carleton
Description : Les cartes classiques illustrent de façon très détaillée les caractéristiques terrestres, tout en ne montrant que les contours des plans d’eau, souvent laissés « vides ». Dans le Nord, les chasseurs et les trappeurs utilisent abondamment la glace de mer pour se déplacer et pour établir des pistes et des campements, tout en recueillant un riche savoir. Ce projet vise à combler les vides en captant un instantané du savoir inuit et de l’utilisation de la glace de mer dans l’Arctique canadien, y compris en recueillant des données concernant les variations dans les caractéristiques et les dangers de la glace de mer, les parcours sur glace traditionnels et actuels, et les noms de lieu et la terminologie inuits. L’information obtenue est regroupée en une carte multimédia dynamique qui représentera l’information spatiale sous une forme audio-visuelle, accessible aux collectivités inuites et au grand public.
Lieu(x) : Nunavik; Nunavut
Titre du projet : Répercussions de l’activité pétrolière et gazière sur les peuples de l’Arctique (GAPS)
(site web non disponible en français) ∆
Chef de projet : Dawn Bazely, Université York
Description : Les activités d’exploration et d’exploitation pétrolières et gazières dans le Nord canadien ont récemment connu une hausse marquée, qui devrait encore s’accentuer. La mise en valeur du pétrole et du gaz dans le Nord vient taxer encore davantage la capacité des collectivités à faire face aux autres types de changements, y compris les changements climatiques. Ce projet a pour but d’examiner les collectivités arctiques et les impacts des activités pétrolières et gazières sur la sécurité, la santé, les modes de vie traditionnels, le développement économique et le changement des écosystèmes. À cette fin, on a établi un vaste éventail d’indicateurs et de méthodes communautaires pour évaluer les moyens mis en place afin de faire face à la situation et de s’y adapter et pour tenter de cerner les futurs changements sociétaux.
Lieu(x) : Terre-Neuve-et-Labrador; Territoires du Nord-Ouest; Nunavik; Yukon
Titre du projet : Recherche intégrée sur les gras et les lipides marins de l’Arctique ∆
Chef de projet : Éric Dewailly, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université Laval
Description : Au moment où les collectivités inuites signalent des changements dans la consommation de nourriture traditionnelle, la prévalence des facteurs de risque de maladies cardiaques comme l’obésité, l’hypertension et le diabète est en hausse. Ce projet vise à déterminer si les acides gras consommés dans un régime d’alimentation traditionnel composé de mammifères marins et de poissons offrent une protection contre l’apparition des prédicteurs des maladies cardiovasculaires et des troubles psychologiques. Les chercheurs étudient également les effets des gras trans contenus dans les aliments achetés en magasin sur le risque d’athérosclérose ou de blocage des artères. On intègre aux recherches les connaissances traditionnelles en examinant les perspectives communautaires sur les gras traditionnels et contemporains et en étudiant l’effet de ces perspectives sur l’alimentation et le style de vie.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunatsiavut; Nunavik; Nunavut
Titre du projet : Efficacité de la vaccination des jeunes enfants de la région du Nunavik contre les infections respiratoires ∆
Chef de projet : Philippe de Wals, Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université Laval
Description : Le taux infantile d’hospitalisation pour pneumonie est plus élevé au Nunavik que partout ailleurs au Québec, et l’on estime qu’un quart des enfants du Nunavik souffrent d’une perte d’audition à cinq ans. Pour enrayer ces problèmes, on a récemment établi des programmes d’immunisation, dont l’efficacité n’a cependant pas encore été officiellement évaluée. Dans le cadre de ce projet, on analysera les dossiers médicaux d'environ 3 000 enfants nés au Nunavik entre 1994 et 2005, afin de vérifier si la vaccination réduit l'incidence des infections respiratoires, les ordonnances d'antibiotiques, les hospitalisations et les troubles auditifs. Les résultats de cette étude pourraient contribuer à étayer les programmes de vaccination de toutes les populations qui vivent dans l'Arctique.
Lieu(x) : Nunavik
Titre du projet : Peuples arctiques, culture, résilience et caribou ∆
Chef de projet : Cindy Dickson, Conseil des Premières nations du Yukon
Description : Les changements sociaux et écologiques qui surviennent dans le Nord se répercutent sur les relations humain-environnement, ce qui soulève des interrogations sur la façon dont les collectivités autochtones de l’Arctique s’adapteront à ces changements et y feront face. Ce projet est axé sur l’étroite relation qui unit la population humaine de l’Arctique et le caribou dans les collectivités où cette espèce représente une importante source de nourriture et un important facteur culturel. Dans le cadre d’études de cas menées dans trois collectivités, on examine la relation humain-caribou et la contribution de plusieurs facteurs (réseaux sociaux, savoir traditionnel, habiletés, langue, gouvernance. capacité institutionnelle) à la résilience communautaire pour mieux déterminer le degré de résilience des collectivités face au changement.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunavut
Titre du projet : Enquête sur la santé des Inuits - Transition et résilience
(site web non disponible en français)∆
Chef de projet : Grace Egeland, Université McGill
Description : Les Inuits s’inquiètent des effets du changement sur tous les aspects de leur vie et de leur culture, mais spécialement sur leur santé et leur bien-être. Cependant, on dispose de très peu d’information sur l’état de santé des collectivités arctiques. Dans la foulée d’une enquête sanitaire menée au Nunavik en 2004, on souhaite examiner divers indicateurs de santé (habitudes alimentaires, éléments nutritifs, prévalence et facteurs de risque de maladies cardiovasculaires et de diabète, soutien social et autres déterminants de la résilience) dans le Canada arctique pour obtenir des données de référence, à l’aune desquelles on pourra mesurer les changements futurs.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunatsiavut; Nunavut Site Web : www.inuithealthsurvey.ca
Titre du projet : Dynamisme des sociétés inuites dans l’histoire de l’Arctique ∆
Chef de projet : T. Max Friesen, Université de Toronto
Description : Traditionnellement, les sociétés humaines ont toujours entretenu des liens étroits avec leur environnement, spécialement dans l’Arctique, où la relation entre conditions environnementales et facteurs culturaux/sociaux est complexe. En collaborant avec des organisations communautaires et patrimoniales inuites, on souhaite déterminer comment la culture inuite s’est constituée et a évolué depuis un millénaire face aux changements environnementaux et sociaux. À cette fin, on analyse le savoir inuit et l’on procède à des fouilles dans d’importants sites archéologiques. En outre, les chercheurs recueillent des données sur l’évolution de l’environnement arctique en regard de deux événements d’importance majeure dans l’histoire inuite, à savoir la migration d’ouest en est des Inuits et, une fois qu’ils ont été établis dans l’Est, la diversification de leurs pratiques culturelles.
Lieu(x) : Nunatsiavut; Nunavik; Nunavut
Titre du projet : Découverte de Kwaday Dan Ts'inchi – Mieux comprendre la « personne ancienne retrouvée » ∆
Chef de projet : Sheila Greer, Premières nations de Champagne et Aishihik
Description : En 1999, les restes d’un jeune adulte autochtone ont été mis au jour par le retrait d’un glacier dans le parc Tatshenshini-Alsek, dans le nord de la Colombie-Britannique. Même si des recherches précédentes ont confirmé son origine autochtone, ce projet a pour but d’examiner les artéfacts trouvés à côté du corps et de recenser ses éventuels descendants vivants. À cette fin, les chercheurs analysent l’ADN des parties animales des artéfacts, pour déterminer les espèces en cause. En outre, on analyse les pigments des artéfacts pour en établir la source et l’origine. Ces analyses nous permettront d’enrichir considérablement notre connaissance des modes de vie anciens et des conditions environnementales qui régnaient alors.
Lieu(x) : Nord de la Colombie-Britannique
Titre du projet : Virus du papillome humain (VPH) dans le nord du Canada ∆
Chef de projet : Yang Mao, Agence de santé publique du Canada
Description : Les virus du papillome humain (VPH) désignent un groupe de plus de cent virus qui peuvent être fortement liés à l’apparition du cancer du col de l’utérus. Même si les femmes autochtones ont un risque plus élevé de contracter ce type de cancer, on dispose de peu d’information sur l’ampleur des infections au VPH dans le Nord canadien. Pour combler cette lacune, on examinera la prévalence des infections au VPH et de la dysplasie cervicale (cellules précancéreuses) chez les femmes des Territoires-du-Nord-Ouest, du Yukon et du Nunavut, pour déterminer les taux de prévalence généraux, les types de VPH et les risques associés à l’apparition du VPH. On souhaite ainsi présenter des preuves scientifiques aux décideurs et aux autorités de la santé publique des T.N.-O., pour les aider à planifier et à implanter des programmes de lutte contre le cancer.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunavut; Yukon
Titre du projet : Contrer l’hépatite virale dans le nord du Canada ∆
Chef de projet : Gerald Minuk, Université du Manitoba
Description : Des recherches ont montré que de 3 à 5 % des individus vivant dans le Nord canadien sont infectés par le virus de l’hépatite B (VHB), et que, si ces personnes ne sont pas traitées, de 30 à 40 % d’entre elles contracteront vraisemblablement un cancer du foie. Ce projet a pour but d’aider à recenser les personnes infectées par le VHB dans le Nord canadien et à déterminer pourquoi certains individus contractent un cancer du foie, et d’autres pas. On a constitué une base de données informatisée et éducative sur l’hépatite virale pour aider les médecins et les infirmières à identifier, à conseiller et à traiter les personnes infectées par le VHB. Les données de laboratoire sont incorporées à une base de données sur l’hépatite virale chez les Canadiens du Nord, afin de mieux comprendre la prévalence et les caractéristiques du VHB dans le Nord.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunavut
Titre du projet : Inciter les collectivités à surveiller la salubrité des aliments traditionnels ∆
Chef de projet : Manon Simard, Makivik Corporation
Description : Le réchauffement du climat et l’évolution des habitats entraîneront vraisemblablement une remontée vers le nord des maladies et des parasites, qui y menaceront la salubrité des aliments traditionnels. Compte tenu de cette probabilité, il est de plus en plus important de surveiller et de détecter rapidement la présence de parasites dans la nourriture traditionnelle. Ce projet a trois objectifs : documenter la répartition et l'abondance connues, à l’échelle internationale et nationale, des pathogènes Trichinella et Toxoplasma dans la faune de l'Arctique; fournir l'infrastructure, la formation et le matériel régionaux voulus pour faire un échantillonnage de la faune, assurer la coordination et diagnostiquer les maladies qui intéressent la sécurité alimentaire; et créer ou mettre au point des tests diagnostiques simplifiés pour les parasites d’intérêt. Ce projet a pour but d’assurer les installations de base, de former le personnel nordique pour les activités futures de surveillance de la faune et de diagnostic, et de mieux informer les populations locales sur la sécurité alimentaire.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunatsiavut; Nunavik; Nunavut
Titre du projet : Adaptation communautaire et vulnérabilité dans l’Arctique (CAVIAR)
(site web non disponible en français) ∆
Chef de projet : Barry Smit, Université de Guelph
Description : Les changements climatiques et leurs effets causeront vraisemblablement de graves problèmes aux collectivités, mais on connaît mal la nature de ces problèmes et comment y faire face efficacement. Dans ce contexte, ce projet a pour but d’évaluer la vulnérabilité des collectivités arctiques à l'évolution des conditions environnementales et d’aider à cerner les possibilités d'amélioration des capacités d'adaptation de ces collectivités, pour qu’elles puissent durabiliser leurs ressources naturelles, leurs moyens de subsistance et leur bien-être. Au moyen d’études de cas dans les collectivités, cette recherche fait appel au savoir scientifique, local et traditionnel pour déterminer les conditions qui favorisent la durabilisation des collectivités nordique en milieu circumpolaire.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunatsiavut; Nunavut; Yukon.
Titre du projet : Changements climatiques et histoire des Inuits au Canada arctique ∆
Chef de projet : Patricia Sutherland, Musée canadien de la civilisation
Description : Ce projet vise à déterminer si les changements environnementaux et/ou les prises de contact historiques avec d’autres sociétés ont influencé le développement social et culturel des sociétés arctiques depuis un millénaire. Des archéologues et des chercheurs en paléo-environnement collaborent à l’étude de sites archéologiques occupés entre les années 1000 et 1900, lorsque les ancêtres des Inuits d’aujourd’hui sont arrivés dans l’Arctique canadien. Le choix des sites a pour but de faire la lumière sur les interactions entre les Inuits, leurs prédécesseurs, les Tuniit (culture de Dorset), et les premiers Européens. En même temps, on a prélevé des échantillons dans des étangs pour tracer un tableau des conditions environnementales locales qui régnaient lors de l’occupation de ces sites, pour permettre aux chercheurs d’étudier les effets des changements environnementaux sur le développement sociétal.
Lieu(x) : Nunavut
Titre du projet : Savoir traditionnel et changements climatiques dans le territoire traditionnel des Tr’ondëk Hwëch’in ∆
Chef de projet : Allie Winton, Première nation des Tr’ondëk Hwëch’in
Description : Depuis près d’une décennie, de nombreuses collectivités nordiques subissent les effets des changements climatiques. La généralisation de l’impact des changements climatiques dans le Nord peut changer les styles de vie des autochtones qui y vivent. Ce projet consiste à colliger les connaissances traditionnelles relatives aux changements climatiques dans le territoire de la Première nation des Tr’ondëk Hwëch’in. Les résultats obtenus jetteront un éclairage sur les éléments valorisés par les autochtones du Nord, et pourront aider à la formulation de stratégies d’adaptation aux changements environnementaux.
Lieu(x) : Yukon
Titre du projet : Aménagement de milieux humides artificiels pour l’épuration des eaux usées des collectivités arctiques
(site web non disponible en français) ∆
Chef de projet : Brent Wootton, Collège Fleming
Description : Pour les collectivités du Nord en pleine croissance, il est devenu urgent de trouver des systèmes efficaces et écologiquement durables de traitement des eaux usées. Les systèmes classiques d’épuration ne sont pas fiables en milieu nordique et sont coûteux à construire, à entretenir et à exploiter. L’aménagement de milieux humides artificiels pour y épurer les eaux usées est un exemple de technologie avant-gardiste qui, malgré son efficacité ailleurs, demeure embryonnaire dans les régions nordiques. Ce projet vise à répertorier les pratiques actuelles de traitement des eaux usées dans le Nord et à mettre au point de nouvelles solutions techniques et technologiques. Par l’entremise du Centre for Alternative Wastewater Treatment du Collège Fleming, on travaille à la création d’un prototype de système spécialement adapté aux caractéristiques environnementales de l’Arctique et aux besoins des collectivités locales.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunavik; Nunavut
Espèces sauvages
Titre du projet : Détermination de l'alimentation du requin du Groenland dans un Arctique en pleine évolution ∆
Chef de projet : Aaron Fisk, Université de Windsor
Description : Le requin du Groenland, qui est le poisson le plus gros et le plus gourmand des mers arctiques, est un vertébré très particulier de l’écosystème arctique. Son régime alimentaire lui confère dans la chaîne alimentaire une place similaire à celle de l’ours blanc. On connaît peu le comportement de ces requins, ni les effets que les changements climatiques pourraient exercer sur leur comportement. Considérant l’importance de ce requin dans la chaîne alimentaire arctique, ce projet a pour objectif d’évaluer l’écologie et le comportement alimentaires de cette espèce dans différentes conditions de glace, pour déterminer comment ces divers environnements l’influencent. À cette fin, les chercheurs recourront au pistage satellitaire, à des traceurs chimiques et à des analyses de contenu stomacal, et feront appel au savoir traditionnel.
Lieu(x) : Nunavut
Titre du projet : Effets du réchauffement de la planète sur l'ours blanc, le phoque et la baleine ∆
Chef de projet : Steven Ferguson, Pêches et Océans Canada
Description : L’évolution du climat affecte l’habitat de nombreuses espèces sauvages vivant dans l’Arctique et peut entraîner des glissements dans les chaînes alimentaires et les écosystèmes arctiques. Ce projet vise à surveiller des espèces clés de mammifères marins pour détecter les éventuels changements environnementaux. Il s’intéresse plus particulièrement aux relations prédateur-proie, notamment entre l’ours blanc et le phoque. La combinaison de plusieurs technologies (télémétrie satellitaire, identification génétique, modélisation informatisée) au savoir traditionnel fournit aux collectivités nordiques l’information nécessaire pour s’adapter à l’évolution de l’écosystème marin.
Lieu(x) : Baie d’Hudson
Titre du projet : Répercussions des changements climatiques sur les espèces sauvages de la toundra
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Chef de projet : Gilles Gauthier, Université Laval
Description : La distribution, l’abondance et le comportement des espèces sauvages de la toundra arctique subissent des changements dont on ignore au juste le pourquoi et le comment. En surveillant divers facteurs (abondance, succès de reproduction, interactions, utilisation de l’habitat, alimentation) chez diverses espèces de mammifères et d’oiseaux du Nord canadien, on entend évaluer l’évolution de la biodiversité arctique face à différentes pressions, dont les changements climatiques. Les espèces d’intérêt comprennent des végétaux, des insectes, des herbivores, des insectivores, des oiseaux prédateurs (p. ex. bécasseaux, oies des neiges, harfangs des neiges, buses pattues), de petits mammifères (p. ex. campagnols et lemmings) et leurs prédateurs (renards, belettes, etc.). Les données obtenues serviront à modéliser les effets futurs des changements climatiques sur les populations d’espèces sauvages.
Lieu(x) : Manitoba; Nunavut; Yukon
Titre du projet : Étiquetage de bélugas dans l’Arctique ∆
Chef de projet : Mike Hammill, Pêches et Océans Canada
Description : Le béluga, espèce importante pour la culture traditionnelle de subsistance des Inuits, fréquente les estuaires d’eau douce et les eaux englacées de l’est de l’Arctique. Cependant, les changements climatiques influencent peut-être le comportement de ces mammifères. En combinant le savoir traditionnel à la télémétrie satellitaire, on a mis sur pied un programme de surveillance communautaire qui vise à examiner les déplacements et la répartition des bélugas dans la baie d’Hudson, la baie James et la baie d’Ungava.
Lieu(x) : Baie d’Hudson et baie James; Nunavik.
Titre du projet : Comment les oiseaux marins peuvent aider à détecter les variations des écosystèmes de l’Arctique ∆
Chef de projet : William Montevecchi, Université Memorial
Description : En raison de la longueur de leurs trajets d’alimentation et de migration, les oiseaux de mer représentent un solide marqueur de la santé et des changements de l’écosystème. Dans le cadre de ce projet, les chercheurs étudient des oiseaux marins et leurs sources de nourriture (morue polaire, capelan, lanterne, crustacés) pour déterminer les influences du climat de l’Extrême-Arctique sur la vie marine des écosystèmes du Bas-Arctique. Ils analysent notamment l’alimentation, le succès de reproduction et le comportement de recherche de nourriture des oiseaux marins, et prennent des mesures de l’environnement physique. Ces travaux permettent d’établir un cadre de référence par rapport auquel on pourra évaluer les changements qui toucheront cette région. De plus, en faisant des comparaisons avec les dénombrements d’oiseaux marins précédemment effectués dans les années 1970 et 1980, on évalue l’évolution au fil du temps des oiseaux marins et de leur écosystème.
Lieu(x) : Terre-Neuve; Nunavut
Titre du projet : Effets des changements climatiques sur les ours blancs
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Chef de projet : Elizabeth Peacock, gouvernement du Nunavut
Description : L’ours blanc est le principal prédateur de l’écosystème marin arctique. En raison de sa position dans la chaîne alimentaire marine, ce qu’il mange a une grande influence sur lui. Ce projet vise à déterminer les effets des changements climatiques sur la santé de l’ours blanc, notamment par l’étude de son comportement de quête de nourriture et de son régime alimentaire, par l’analyse des concentrations de contaminants et par l’intégration des connaissances traditionnelles inuites, ce qui permettra de mieux comprendre comment les ours adaptent leur régime alimentaires aux nouvelles conditions, quelles sont les concentrations de contaminants d’une populations d’ours à l’autre et comment les connaissances des Inuits et des autres habitants du Nord peuvent contribuer à une meilleure gestion de l’environnement. En parlant à des aînés, à des chasseurs et à d’autres résidents du Nord, on obtient également une perspective communautaire sur la situation de l’ours blanc, les changements climatiques et le savoir inuit.
Lieu(x) : Manitoba; Nunatsiavut; Nunavik; Nunavut
Titre du projet : Effets de la variabilité du climat et des changements climatiques sur l’omble de l’Arctique
Chef de projet : James Reist, Pêches et Océans Canada
Description : L’omble de l’Arctique est une espèce essentielle au bien-être de la population du Nord, comme source de nourriture traditionnelle et ressource économique. C’est également un indicateur clé de la santé des écosystèmes nordiques. Ce projet porte sur l’omble de l’Arctique et les problèmes rencontrés par cette espèce face aux changements climatiques qui s’annoncent. Un réseau international de chercheurs est constitué pour évaluer divers facteurs (écologie thermique et biodiversité de l’omble, importance de l’espèce pour les écosystèmes nordiques, bioaccumulation du mercure) et leur réaction aux changements climatiques un peu partout dans le Nord circumpolaire. En outre, au Canada, des programmes de surveillance communautaire sont mis sur pied à Sachs Harbour, à Kuujjuaaq et à Nain pour évaluer la biodiversité locale de l’omble de l’Arctique.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunavik; Nunavut; Nunatsiavut
Titre du projet : Surveillance des répercussions des changements à l’échelle mondiale sur le caribou et le renne sauvage et leur lien avec les collectivités humaines
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Chef de projet : Don Russell, Yukon College
Description : Dans l’Arctique, de nombreux facteurs environnementaux sont essentiels à la survie des hardes sauvages de rennes et de caribous, dont la résilience dépend de leur capacité d’adaptation à l’évolution de ces facteurs. Ce projet a pour but d’évaluer le bien-être de certaines hardes du Nord canadien en regard des changements climatiques. En procédant à une étude rétrospective et en établissant de nouveaux protocoles de surveillance intensive, on entend évaluer l’état de santé général de ces hardes, leur condition physique, leurs tendances démographiques et les changements dans leur habitat. Pour obtenir un tableau global, ces données sont comparées à la situation d’autres hardes vivant dans d’autres régions du Nord circumpolaire. Par ailleurs, de nombreuses collectivités humaines du Nord ont une dépendance économique, sociale et culturelle envers le renne et le caribou. On prévoit également étudier la capacité de ces collectivités à pérenniser la récolte traditionnelle de caribou dans des conditions changeantes.
Lieu(x) : Territoires du Nord-Ouest; Nunatsiavut; Nunavik; Nunavut;