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L'année polaire internationale : bref historique - Inuktitut - Version PDF Format PDF

L'Année polaire internationale (API) 2007-2008 sera la première initiative du genre en 50 ans. Il s'agit du plus important programme international de recherche scientifique jamais entrepris sur les régions de l'Arctique et de l'Antarctique. Ce programme prendra appui sur un héritage éminent et de longue date en matière de coopération internationale et d'avancée scientifique.

Seulement trois autres initiatives similaires ont été mises en ouvre au cours des 125 dernières années. Dans le cadre de chacune de ces initiatives, des scientifiques du monde entier se sont regroupés pour organiser des programmes scientifiques et exploratoires intensifs dans les régions polaires, ce qui a donné lieu à d'importantes avancées sur le plan de la connaissance scientifique et de l'exploration géographique. Les années polaires internationales précédentes ont non seulement permis de jeter les bases de la compréhension des systèmes globaux de la nature et de lancer l'ère moderne spatiale, mais encore, elles ont ouvert la voie à bien d'autres collaborations scientifiques internationales et à un accord politique durable.

C'est le lieutenant Karl Weyprecht, explorateur et officier de marine autrichien, qui a été le premier à avoir eu l'idée d'organiser une année polaire internationale. Il a participé à l'expédition polaire austro-hongroise de 1872-1874 en tant que scientifique et co-chef d'expédition. Grâce à l'expérience qu'il a acquise dans les régions polaires, le lt Karl Weyprecht s'est rendu compte que les réponses aux questions fondamentales de la météorologie et de la géophysique se trouvaient très probablement dans les régions polaires de la Terre. Cependant, il a également compris que le phénomène polaire ne pourrait pas être étudié par une seule nation; qu'une entreprise de cette envergue allait nécessiter une coopération internationale à grande échelle. L'idée du lt Karl Weyprecht a rapidement suscité l'intérêt de la communauté internationale, et en 1879, un organisme organisateur nommé la Commission polaire internationale a vu le jour. La Commission comprenait le Danemark, la Norvège, la Russie, la Suède, la Finlande, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, les Pays-Bas, la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne, avec l'assistance du nouveau Dominion du Canada. La Commission polaire internationale a convenu que la première Année polaire internationale aurait lieu en 1882-1883 pour coïncider avec le passage de Vénus devant le soleil, le 6 décembre 1882.

Au total, 12 nations ont participé à la première API, ce qui a donné lieu à 15 expéditions en direction des pôles (13 vers l'Arctique et deux vers l'Antarctique). Quatorze stations de recherche ont été créées dans l'Arctique (dont trois au Canada) et dans l'Antarctique, où les chercheurs ont mené des expériences et recueilli des données tout au long de l'année. Ils ont amassé une quantité énorme de renseignements qui constituent le fondement de nos connaissances sur le champ magnétique terrestre et le climat. Par-dessus tout, cette première API a créé un précédent important dans le domaine de la coopération scientifique internationale. La décision de collaborer avec d'autres nations au lieu d'entrer en compétition avec elles, et de mettre l'accent sur des efforts scientifiques plutôt que sur l'acquisition de territoires, constituait une démarche courageuse qui a permis de laisser un exemple durable aux générations futures.

L'année 1932-1933 a marqué à la fois le 50e anniversaire de la première API et le lancement de la deuxième, proposée et promue par l'Organisation météorologique internationale afin d'enquêter sur les répercussions mondiales du « JET-Stream », qui venait tout juste d'être découvert. La participation de 40 nations coïncidait avec l'avènement de l'avion, du transport maritime et terrestre motorisé ainsi que de nouveaux instruments qui ont permis la concrétisation de projets de recherche encore plus ambitieux. Malgré d'importants défis économiques à surmonter en raison de la Grande Crise, des observations détaillées et des expériences ont pu être réalisées, ce qui a donné lieu à de nombreux progrès dans les domaines de la météorologie, du magnétisme et de la science de l'atmosphère. Quarante stations d'observation permanentes ont été établies dans l'Arctique, dont de nombreuses existent encore aujourd'hui. Dans l'Antarctique, une expédition a établi une station météorologique aux activités hivernales; il s'agit de la première station de recherche à l'intérieur des terres de l'Antarctique.

En règle générale, les conditions de vie de ceux qui ont participé à ces deux premières expéditions étaient extrêmes. En effet, les chercheurs consacraient moins de 10 pour 100 de leur temps à la science et le reste à leur survie. Ces conditions très difficiles n'ont pas été un frein à la continuation de l'héritage de l'API.

Entre 1957 et 1958, une troisième initiative du même genre a été lancée - l'Année géophysique internationale (AGI) - pour souligner les 75e et 25e anniversaires de la première et de la deuxième API. L'AGI a été mise sur pied par un groupe de physiciens renommés qui s'étaient rendu compte que la technologie développée pendant la Seconde Guerre mondiale, en particulier les fusées et le radar, pouvait faciliter les progrès de la recherche scientifique sur la haute atmosphère. Les résultats de l'AGI ont encore des répercussions aujourd'hui. L'AGI a marqué l'arrivée de l'ère spatiale avec le lancement des premiers satellites. En 1957, l'Union soviétique a réussi à lancer Spoutnik I, le premier satellite artificiel au monde, qui avait à peu près la taille d'un ballon de basket, pesait seulement 83 kg, et a fait le tour de la Terre en 98 min. En 1958, les États-Unis ont lancé Explorer I, qui transportait une petite charge utile scientifique qui a, en fin de compte, permis de découvrir les ceintures de radiation magnétiques qui entourent la Terre.

En plus de l'inauguration de l'ère spatiale, l'AGI a donné lieu à de nombreuses autres réussites. Les recherches effectuées dans le cadre de l'AGI ont permis de confirmer la théorie longtemps contestée de la dérive des continents, nous permettant de mieux comprendre la formation des continents et des océans. En outre, des scientifiques ont pour la première fois traversé le continent antarctique, ce qui leur a permis de mesurer sa masse glacière. En plus des percées scientifiques, un des résultats politiques de l'AGI qui vaut la peine d'être mentionné est la ratification du Traité sur l'Antarctique en 1961, qui a marqué le début des recherches pacifiques dans l'Antarctique.

En regard des avancées technologiques réalisées depuis la dernière API, l'Année polaire internationale 2007-2008 promet de pousser plus loin l'esprit de collaboration internationale et la découverte scientifique amorcés grâce aux initiatives précédentes.


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